« Tests psychotechniques gendarmerie » : ce que recouvre vraiment la requête en 2026
Beaucoup de candidats cherchent encore « tests psychotechniques gendarmerie » en pensant à des batteries de raisonnement logique, de séries de chiffres ou de tests de mémoire chronométrés. C'est une représentation héritée des anciennes sélections : depuis 2026, le dispositif a changé. Pour le recrutement de gendarme adjoint volontaire (GAV), la Gendarmerie nationale a restructuré ses épreuves de sélection et remplacé les tests psychotechniques classiques par un inventaire de personnalité. Pour le concours de sous-officier de gendarmerie (SOG), il n'y a pas de « tests psychotechniques » de raisonnement à proprement parler : l'admissibilité repose sur une composition de culture générale, et la dimension psychologique passe par un inventaire de personnalité et un entretien avec un psychologue.
Autrement dit, si vous préparez la gendarmerie en 2026, le réflexe « je bachote des tests de logique » est largement périmé. Ce guide remet à plat ce qui est réellement évalué côté GAV et côté SOG, puis donne une méthode de préparation adaptée au format actuel. Les modalités précises et à jour sont publiées sur les portails officiels gendarmerie.interieur.gouv.fr/recrutement et lagendarmerierecrute.fr, qui restent les seules références qui font foi pour votre session.
GAV : la réforme 2026 a remplacé les tests psychotechniques
Le recrutement GAV (gendarme adjoint volontaire, ouvert aux candidats de nationalité française âgés de 17 à 26 ans) a vu ses épreuves de sélection révisées à compter de 2026, dans le sens d'une simplification du parcours. La sélection se déroule désormais en deux phases.
Phase 1 : son contenu dépend du domaine d'emploi visé, ce que beaucoup de pages omettent.
Pour le domaine agent de police judiciaire adjoint (APJA), l'annexe II de l'arrêté du 15 décembre 2025, entré en vigueur le 1er janvier 2026, retient trois épreuves : un test de connaissances générales de la langue française, un test de compréhension de texte, et un inventaire de personnalité, qui a remplacé les anciens tests psychotechniques.
Pour le domaine soutien, l'annexe III ne retient qu'une seule épreuve : l'inventaire de personnalité.
⚠️ Le premier test porte sur la langue française, pas sur la culture générale ni sur les institutions. C'est une confusion fréquente, entretenue par des pages qui décrivent le GAV avec le programme du concours de sous-officier : ce sont deux épreuves différentes. Les volumes exacts (nombre de questions, durée) ne figurent pas dans l'arrêté : référez-vous à votre convocation.
Phase 2 : l'entretien de recrutement, organisé en un temps collectif (mise en situation de groupe, pour observer l'interaction et le comportement) et un entretien individuel avec un référent-recrutement. Un questionnaire d'entretien, autre nouveauté du dispositif, sert de support à cet échange et a remplacé la lettre de motivation rédigée sur place. L'objectif global : confirmer l'aptitude, la motivation réelle et l'adéquation du candidat avec les valeurs et les contraintes du métier militaire.
L'inventaire de personnalité : comment l'aborder
L'inventaire de personnalité n'est pas un examen de connaissances et ne se « révise » pas comme un cours. Il se présente généralement sous la forme d'une longue série d'affirmations pour lesquelles vous indiquez votre degré d'adhésion, de « tout à fait d'accord » à « pas du tout d'accord ». L'outil cherche à cerner un savoir-être : stabilité émotionnelle, respect de l'autorité et du cadre, esprit d'équipe, capacité à gérer le stress et à travailler en collectif.
La bonne stratégie est contre-intuitive pour qui veut « optimiser » : répondez avec sincérité et cohérence, sans tenter de deviner la « bonne » réponse. Les inventaires intègrent des items de cohérence interne qui repèrent les profils sur-construits, où le candidat se peint systématiquement sous son meilleur jour. Une présentation trop lisse, sans la moindre nuance, est souvent moins crédible qu'un profil honnête et stable. Préparez-vous surtout en amont par l'introspection : savoir nommer vos points forts, vos axes de progression et vos motivations vous aidera autant pour l'inventaire que pour l'entretien. Cette logique rejoint celle de l'évaluation de la personnalité côté SOG, détaillée dans nos guides sur le Big Five OCEAN et sur l'entretien avec le psychologue.
SOG : pas de tests psychotechniques de raisonnement
Côté concours de sous-officier de gendarmerie (SOG externe), il n'existe pas d'épreuve étiquetée « tests psychotechniques » au sens de raisonnement logique chronométré. L'admissibilité du concours externe repose sur une seule épreuve écrite : la composition de culture générale, d'une durée de 3 heures et affectée du coefficient 7 (arrêté du 27 avril 2011 modifié, annexe I).
⚠️ Le concours comporte bien un questionnaire à choix multiples, mais ce n'est pas celui qu'on croit. Il s'agit de l'épreuve d'évaluation numérique : 30 minutes, coefficient 1, placée en phase d'admission et non d'admissibilité, portant sur les compétences numériques et non sur la culture générale. L'arrêté précise qu'elle ne revêt aucun caractère éliminatoire. Confondre les deux conduit à réviser un programme de culture générale pour une épreuve qui n'en teste pas, et à surinvestir une épreuve qui pèse sept fois moins que la composition.
La préparation utile n'est donc pas le bachotage de tests de logique, mais le travail de la méthode de composition.
La part « psychologique » du SOG prend, elle, deux formes lors de l'admission : des inventaires de personnalité, qui ne sont pas des épreuves cotées du concours, et un entretien avec un psychologue qui transmet un avis au jury — un avis, et non une note. Là encore, aucune logique de bachotage : ce qui est évalué est la stabilité, la cohérence et l'adéquation du profil avec le métier. Confondre cette dimension avec d'anciens « tests psychotechniques » conduit à perdre du temps sur un format qui n'existe plus dans le concours.
Langue française et compréhension de texte : la seule vraie part « test »
Si une partie des épreuves GAV se rapproche encore d'un « test » au sens où l'on peut s'y entraîner pour progresser, ce sont la compréhension de texte et le test de connaissances générales de la langue française. Ce sont aussi les volets où l'entraînement régulier paie le plus, et ils ne concernent que le domaine agent de police judiciaire adjoint.
Pour la compréhension de texte, l'enjeu est double : comprendre vite, et ne pas se laisser piéger par les questions qui reformulent ou inversent le sens. Entraînez-vous en conditions chronométrées sur des textes courts, en vous imposant un temps fixe par texte, pour automatiser la lecture active : repérer l'idée principale, les connecteurs logiques, les nuances.
Pour le test de langue française, travaillez ce qui se corrige vite et se mesure : l'orthographe d'usage et grammaticale, les accords (participe passé, sujet-verbe, adjectifs), la conjugaison des temps courants, le vocabulaire et les confusions classiques (homophones, paronymes), et la ponctuation. Une dictée courte ou une série d'exercices de grammaire deux à trois fois par semaine vaut mieux qu'une session longue et espacée.
⚠️ N'y consacrez pas votre temps à réviser les institutions, l'histoire ou l'actualité : ce programme est celui de la composition de culture générale du concours de sous-officier, une épreuve d'un tout autre recrutement. Se tromper de matière est l'erreur la plus coûteuse de cette sélection, parce qu'elle ne se voit qu'au moment de l'épreuve.
Méthode de préparation 2026 et erreurs à éviter
Trois erreurs reviennent chez les candidats 2026. La première : acheter ou télécharger d'anciennes annales de « tests psychotechniques » et passer des heures sur des séries de logique qui ne correspondent plus aux épreuves actuelles. La deuxième : tenter de « tricher » l'inventaire de personnalité en cherchant le profil idéal — démarche repérée par les items de cohérence et contre-productive. La troisième : négliger l'entretien, alors qu'il pèse lourd dans la décision finale et se prépare (connaître son parcours, ses motivations, le métier et ses contraintes).
Une préparation efficace tient en quelques lignes. Si vous visez le domaine agent de police judiciaire adjoint, travaillez la compréhension de texte et la langue française en conditions chronométrées, deux à trois fois par semaine ; si vous visez le domaine soutien, la phase 1 se limite à l'inventaire de personnalité, et votre effort se porte donc sur l'entretien. Faites un travail d'introspection écrit (forces, faiblesses, motivations, projet) qui servira à l'inventaire comme à l'entretien. Renseignez-vous précisément sur le quotidien et les valeurs du métier visé. Et vérifiez systématiquement le format exact de votre session sur le portail officiel, car le dispositif continue d'évoluer. Cette préparation, étalée sur quelques semaines, est bien plus rentable que des dizaines d'heures sur des tests périmés.
À retenir
En 2026, « tests psychotechniques gendarmerie » ne désigne plus des batteries de logique chronométrées.
Côté GAV, et pour le seul domaine agent de police judiciaire adjoint, la phase 1 combine un test de connaissances générales de la langue française, un test de compréhension de texte et un inventaire de personnalité, suivis d'un entretien collectif et individuel. Pour le domaine soutien, la phase 1 se réduit à l'inventaire de personnalité.
Côté SOG externe, l'admissibilité tient à une seule épreuve écrite, la composition de culture générale (3 heures, coefficient 7). Le questionnaire à choix multiples du concours est l'évaluation numérique : 30 minutes, coefficient 1, en admission, sur les compétences numériques, et non éliminatoire. La dimension psychologique passe par un inventaire de personnalité et un entretien avec un psychologue. Ne transposez pas le programme du SOG au GAV : c'est la confusion la plus répandue sur ce sujet.
Conséquence pratique : abandonnez le bachotage de tests logiques. Entraînez-vous à la compréhension de texte et à la langue française en conditions si vous visez l'APJA, abordez l'inventaire de personnalité avec sincérité et cohérence, et préparez sérieusement l'entretien, qui pèse dans les deux domaines. Pour les modalités exactes de votre session, la convocation et le portail officiel de la Gendarmerie font foi.
▸ Sources
- Arrêté du 15 décembre 2025 relatif au recrutement des volontaires dans les armées en service au sein de la gendarmerie nationale (annexes II et III) · Légifrance, Journal officiel de la République française
- Arrêté du 27 avril 2011 modifié fixant les programmes, conditions d'organisation et coefficients des épreuves des concours de sous-officiers de gendarmerie (annexe I) · Légifrance, Journal officiel de la République française
- Arrêté du 30 juillet 2024 modifiant diverses dispositions relatives aux concours de recrutement de la gendarmerie nationale · Légifrance, Journal officiel de la République française
- Gendarme adjoint volontaire (GAV) — parcours de candidature · Gendarmerie nationale — Ministère de l'Intérieur
- La Gendarmerie recrute — épreuves de sélection et recrutement GAV · Gendarmerie nationale — Ministère de l'Intérieur
- Sous-officier (SOG) externe — parcours de candidature et épreuves · Gendarmerie nationale — Ministère de l'Intérieur