Du contrat de GAV à la carrière de sous-officier
Le gendarme adjoint volontaire (GAV) sert sous contrat : un engagement de quelques années, renouvelable, qui permet de découvrir le métier et de seconder les sous-officiers sur le terrain. Mais beaucoup de GAV ne s'arrêtent pas là : leur objectif est de devenir gendarme de carrière, c'est-à-dire sous-officier de gendarmerie (SOG). C'est tout l'enjeu de la passerelle interne.
Cette voie est souvent décrite comme un véritable « ascenseur social » : on entre dans la gendarmerie comme GAV, parfois sans diplôme, on prend de l'expérience, puis on accède au statut pérenne de sous-officier par un concours adapté. Là où le GAV reste un militaire sous contrat à durée limitée, le sous-officier est un militaire de carrière, avec une grille de grades (gendarme, maréchal des logis-chef, adjudant…), une solde plus élevée et une stabilité d'emploi. Pour un GAV motivé, franchir cette étape change toute la trajectoire professionnelle. Voici comment fonctionne cette passerelle, ses atouts et la meilleure façon de la préparer.
Le concours interne : la voie naturelle du GAV
Pour passer de GAV à sous-officier, la voie reine est le concours interne de sous-officier de gendarmerie. Il est ouvert au GAV qui justifie d'au moins un an de service au 1er janvier de l'année du concours et qui est titulaire du diplôme de gendarme adjoint. Autrement dit, après une première année sous l'uniforme, le GAV peut se présenter.
Ce concours interne n'est pas réservé aux seuls GAV : il est aussi ouvert aux policiers adjoints de la police nationale (un an de service minimum), aux réservistes de la gendarmerie, et aux militaires d'autres forces armées justifiant d'au moins quatre ans de service. Mais pour un GAV, c'est la suite logique de son engagement. L'inscription se fait en ligne, une fois par an : pour la session 2026, par exemple, les inscriptions sont ouvertes du 2 février au 28 juin, l'épreuve d'admissibilité a lieu le 23 septembre 2026 et les épreuves d'admission des candidats internes se tiennent en novembre 2026.
Les atouts de la voie interne
Le concours interne présente, pour un GAV, des avantages décisifs par rapport au concours externe.
Le premier est qu'aucun diplôme n'est exigé. Là où la voie externe demande le baccalauréat, la voie interne valorise l'expérience acquise sur le terrain plutôt que le parcours scolaire. Un GAV sans le bac peut donc devenir sous-officier de carrière — c'est précisément l'esprit de l'« ascenseur social ».
Le deuxième est l'absence de condition d'âge. Le concours externe est borné (en général jusqu'à 35 ans) ; le concours interne, lui, n'impose pas de limite d'âge supérieure, ce qui ouvre la carrière à des GAV plus âgés ou en reconversion tardive.
Le troisième tient aux épreuves, adaptées au profil interne : le format tient compte de l'expérience professionnelle du candidat et de sa connaissance de l'institution. Le GAV part avec une longueur d'avance — il connaît déjà le métier, le vocabulaire, les procédures et la culture de la gendarmerie, ce qui pèse notamment à l'oral. Ces atouts font de la voie interne la plus naturelle pour qui est déjà entré par le GAV.
Calendrier, places et nombre de tentatives
Quelques règles pratiques encadrent la passerelle. D'abord, le nombre de tentatives est limité : on ne peut pas se présenter plus de trois fois au concours interne de sous-officier. Mieux vaut donc préparer sérieusement chaque session plutôt que de tenter sa chance à l'aveugle.
Ensuite, le volume de postes est important : la gendarmerie recrute massivement par cette voie. À titre indicatif, la session 2025 offrait de l'ordre de 2 100 postes au titre du concours interne de sous-officier, pour une sélectivité d'environ un recruté pour 3,7 candidats — des chiffres qui varient à chaque session et qu'il faut vérifier sur les textes officiels de l'année. Enfin, le calendrier est annuel et calé sur celui de l'externe : même période d'inscription (entre février et juin), même date d'écrit d'admissibilité, mais des épreuves d'admission propres aux internes à l'automne. Le candidat interne doit donc s'organiser tout en continuant son service de GAV.
Voie interne ou voie externe : choisir sa route
Un GAV n'est pas obligé de passer par l'interne : s'il possède le baccalauréat, il peut aussi se présenter au concours externe de sous-officier. Comment choisir ?
La voie interne est en général la plus avantageuse pour un GAV : pas de diplôme requis, pas de limite d'âge, épreuves valorisant l'expérience, et un an de service suffit pour être éligible. La voie externe peut avoir du sens pour un GAV titulaire du bac qui souhaite tenter sa chance sans attendre, ou élargir ses possibilités en se présentant aux deux. En pratique, beaucoup de GAV privilégient l'interne une fois leur année de service accomplie, car le format colle mieux à leur profil. Le bon réflexe : comparer les conditions des deux concours pour la session visée et se positionner sur la voie qui maximise ses chances.
Préparer le concours pendant son temps de GAV
L'atout maître du GAV, c'est le temps. L'année — ou les années — passée sous contrat n'est pas une simple attente : c'est une période de préparation. Sur le terrain, le GAV se forge une expérience concrète des missions, des interventions et des procédures, autant d'éléments précieux pour l'oral et pour démontrer sa motivation.
En parallèle, il a tout intérêt à travailler les épreuves écrites (français, culture générale, tests) et à entretenir sa condition physique, évaluée aux épreuves sportives. Beaucoup de GAV s'appuient sur les ressources internes de la gendarmerie et sur des préparations dédiées au concours interne. Soigner sa manière de servir compte aussi : un bon parcours de GAV, des notations solides et une implication reconnue constituent un dossier favorable. Bref, le GAV qui vise le SOG a intérêt à se comporter, dès le premier jour, comme un futur sous-officier.
Après la réussite : la formation en école
Le concours interne réussi, le GAV devient élève sous-officier et rejoint une école de sous-officiers de gendarmerie (ESOG) — Châteaulin, Chaumont, Montluçon, Tulle, Dijon ou Rochefort selon les promotions. La formation initiale dure environ douze mois, à l'issue desquels l'élève prend le grade de gendarme et rejoint une unité opérationnelle comme sous-officier de carrière.
À partir de là, c'est toute la grille des grades qui s'ouvre, avec la progression à l'ancienneté et au mérite (maréchal des logis-chef, adjudant, etc.) et la possibilité, plus tard, d'accéder au corps des officiers. La passerelle GAV vers SOG n'est donc pas une fin en soi, mais le point de départ d'une carrière complète.
À retenir
Passer de GAV à sous-officier de gendarmerie, c'est emprunter la passerelle interne : après au moins un an de service, le GAV peut présenter le concours interne de SOG, sans diplôme ni limite d'âge, avec des épreuves qui valorisent son expérience de terrain. Trois tentatives sont possibles, le calendrier est annuel (inscriptions février-juin, écrit en septembre) et les postes sont nombreux. Un GAV titulaire du baccalauréat peut aussi viser l'externe. Le secret : utiliser son temps de GAV pour se préparer — terrain, écrits, sport et dossier — et aborder le concours en futur gendarme de carrière.
▸ Sources
- Sous-officier (SOG) interne — parcours de candidature — La Gendarmerie recrute — Gendarmerie nationale
- Gendarme adjoint sur le terrain (GAV APJA) — La Gendarmerie recrute — Gendarmerie nationale
- Portail recrutement Gendarmerie nationale — Gendarmerie nationale — Ministère de l'Intérieur