Le SOG interne : promotion par l'ancienneté
Le concours de sous-officier de gendarmerie (SOG) interne est la voie de titularisation classique pour les personnels déjà engagés au service de l'État ou des armées. Là où le SOG externe s'adresse à des civils sans expérience militaire, le SOG interne valorise un parcours préalable en uniforme ou dans la fonction publique. Il débouche sur le même statut de sous-officier titulaire de la Gendarmerie nationale, avec une formation initiale identique à celle de la voie externe (12 mois en école de sous-officier), et une affectation opérationnelle au même titre.
C'est la trajectoire la plus fréquemment empruntée par les Gendarmes Adjoints Volontaires (GAV) en seconde partie de leur contrat, qui ont validé en pratique leur orientation vers le métier de gendarme et souhaitent passer du statut de militaire engagé à celui de militaire de carrière. C'est aussi une voie de seconde chance pour les candidats civils ayant échoué de peu au SOG externe et ayant choisi d'effectuer un cycle GAV intermédiaire pour consolider leur dossier.
Trois publics éligibles, trois conditions différentes
Le concours SOG interne est ouvert à trois publics dont les conditions exactes d'ancienneté sont fixées par arrêté ministériel (vérifier sur lagendarmerierecrute.fr les modalités précises de la session candidatée).
Public 1 — Gendarmes Adjoints Volontaires (GAV) : condition d'ancienneté typique d'environ 1 an de services effectifs comme GAV à la date des épreuves. C'est le profil principal, et statistiquement le plus représenté dans les listes de candidats. Le GAV bénéficie d'une connaissance opérationnelle directe de l'institution (déontologie, code de la défense, organisation des unités, missions en brigade ou en escadron) qui constitue un avantage net sur le candidat externe.
Public 2 — Militaires des armées (Terre, Marine, Air) et personnels civils du ministère des Armées : condition d'ancienneté typique de plusieurs années (souvent 4 ans de services militaires effectifs). Ces candidats apportent une culture militaire transposable, mais doivent investir spécifiquement la culture gendarmerie (police judiciaire, maintien de l'ordre républicain, relation avec les magistrats) qui est étrangère à leur formation d'origine.
Public 3 — Fonctionnaires titulaires de la fonction publique d'État, territoriale ou hospitalière : condition d'ancienneté typique de plusieurs années (souvent 4 ans de services publics effectifs). Profils plus rares mais valorisés pour leur expérience administrative ou opérationnelle (police municipale, douanes, surveillance pénitentiaire). Limite d'âge typiquement plus haute que l'externe (à vérifier — souvent autour de 40 ans à la date du concours).
Épreuves : un format allégé par rapport à l'externe
Les épreuves du SOG interne sont calibrées pour des candidats déjà engagés et disposant d'une expérience opérationnelle. Le programme et le nombre d'épreuves sont allégés par rapport au concours externe, le jury présupposant que la culture institutionnelle et la motivation pour le métier sont déjà acquises.
Épreuves d'admissibilité (écrites) : une composition de culture générale ou de connaissances professionnelles selon la session (durée et coefficient précisés par arrêté ministériel — vérifier la note de cadrage). Les épreuves de pré-sélection psychotechniques anciennement présentes pour l'externe ont également été allégées pour l'interne dans la dernière vague de réforme.
Épreuves d'admission : entretien de motivation avec le jury (coefficient renforcé — c'est l'épreuve clé pour valoriser le parcours déjà accompli), épreuves sportives selon la grille en vigueur, visite médicale d'aptitude militaire. La pondération exacte des coefficients varie d'une session à l'autre : se référer à l'arrêté précisant le programme de l'année candidatée. Les seuils éliminatoires (typiquement note inférieure à 5/20 à une épreuve) sont identiques à ceux de l'externe.
Calendrier et inscription
Comme pour l'externe, le SOG interne est organisé en plusieurs sessions annuelles dont les dates sont publiées chaque année sur lagendarmerierecrute.fr. L'inscription se fait exclusivement en ligne, après création d'un compte personnel ou récupération d'un compte existant (les GAV en activité utilisent leur compte de candidature initial). Pour les GAV, l'inscription au SOG interne est encouragée par la hiérarchie de proximité (commandant de peloton, chef de section) : il est habituel de faire valider sa candidature en amont par sa chaîne hiérarchique pour bénéficier d'un éventuel accompagnement (libération de temps de service pour révision, prépa-concours interne organisée par certaines unités).
Les dossiers comprennent les justificatifs d'identité, d'ancienneté et de situation militaire ou professionnelle, ainsi que les copies des évaluations annuelles ou notes d'aptitude pour les candidats déjà en service. Les pièces médicales (compte rendu de la dernière visite SIGYCOP) peuvent être réclamées pour vérifier l'aptitude au moment de l'inscription. La fenêtre d'inscription est généralement plus courte que pour l'externe (3 à 4 semaines), ne pas la manquer suppose de surveiller activement le calendrier officiel.
Stratégie de préparation par profil
Profil 1 — GAV en activité (1-3 ans de service) : votre culture gendarmerie est votre force ; votre point faible classique est la rédaction (peu sollicitée dans le quotidien GAV). Plan-type : 4 à 6 mois de préparation avec 4 à 6 heures par semaine en dehors du service. Prioriser la composition (3 à 5 dissertations blanches corrigées, idéalement par un sous-officier formateur ou un officier en exercice). L'entretien doit insister sur le projet de carrière à 5-10 ans (que ferez-vous après l'école ? quelles spécialités envisagez-vous ?). Le jury attend de la cohérence sur la trajectoire GAV → SOG, pas de la spontanéité naïve.
Profil 2 — Militaire des autres armées (Terre, Marine, Air) : votre culture militaire générale est valorisée mais ne suffit pas. Investissez 6 à 9 mois dans la spécificité gendarmerie : organisation hiérarchique, mission de police judiciaire (à distinguer de la mission militaire classique), relation aux magistrats et aux préfets, panorama des grands corps de la Gendarmerie (mobile, départementale, garde républicaine, gendarmerie maritime, gendarmerie de l'air, gendarmerie de l'armement). L'entretien testera votre capacité à expliquer pourquoi quitter votre armée d'origine — préparez une réponse honnête et structurée.
Profil 3 — Fonctionnaire titulaire (police municipale, douanes, pénitentiaire, fonction publique généraliste) : votre expérience administrative est un atout, mais la dimension militaire du statut gendarme doit être appropriée. Préparation longue (9 à 12 mois) incluant un travail spécifique sur la condition militaire (acceptation de la mobilité géographique, du statut sous statut militaire et non plus civil, du port d'arme permanent, des sujétions opérationnelles). L'entretien explorera votre capacité à abandonner les protections du statut de fonctionnaire civil : préparez des arguments précis et personnels.
▸ Sources
- Devenir sous-officier de gendarmerie — voie interne — Gendarmerie nationale — Ministère de l'Intérieur
- Portail officiel de la Gendarmerie nationale — Ministère de l'Intérieur