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06FAQ

Conditions pour être gendarme : SIGYCOP, casier, tatouages

Conditions médicales et physiques pour devenir gendarme : profil SIGYCOP minimal (SOG), aptitude visuelle, casier judiciaire B2 et règles sur les tatouages.

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Trois familles de conditions à remplir

Devenir gendarme ne se résume pas à réussir des épreuves : il faut d'abord être éligible. Les conditions d'accès se rangent en trois familles. Les conditions générales (nationalité, âge, diplôme, situation judiciaire) déterminent qui a le droit de candidater. L'aptitude médicale, évaluée selon le profil SIGYCOP lors d'une visite médicale, vérifie que l'état de santé est compatible avec le métier. L'aptitude physique, mesurée par les épreuves sportives du concours, confirme la condition athlétique. À ces trois familles s'ajoute un volet « apparence et comportement » qui inclut notamment la réglementation des tatouages.

Un candidat peut donc être recalé non pas sur ses notes, mais sur une condition d'éligibilité ou une inaptitude médicale détectée à la visite. C'est pourquoi il faut vérifier ces points en amont, avant de s'investir dans la préparation. Cette page fait le tour des exigences pour le concours de sous-officier de gendarmerie (SOG), la voie de recrutement la plus courante. Les bornes chiffrées (âge, cotations) sont des repères : confirmez toujours celles de la session visée sur lagendarmerierecrute.fr.

Conditions générales : nationalité, âge, diplôme, casier

Pour candidater au concours SOG externe, il faut être de nationalité française, jouir de ses droits civiques et avoir un casier judiciaire compatible avec l'exercice de fonctions militaires. L'âge requis se situe en pratique entre 18 et 35 ans (borne supérieure à vérifier pour la session en cours, des reculs étant possibles dans certains cas). Le diplôme minimal est le baccalauréat ou un titre admis en équivalence pour la voie externe. Les candidats de moins de 25 ans doivent en outre être en règle avec les obligations du service national (recensement et Journée défense et citoyenneté).

Le volet judiciaire mérite une attention particulière. L'administration consulte le bulletin n° 2 du casier judiciaire (le B2, plus large que le B3 que vous pouvez demander vous-même) ainsi que, le cas échéant, les fichiers dans le cadre d'une enquête administrative de moralité. Toute mention incompatible avec la déontologie militaire peut entraîner un refus, indépendamment des résultats aux épreuves. Une condamnation ancienne n'est pas automatiquement éliminatoire : c'est la nature des faits et leur compatibilité avec l'uniforme qui sont appréciées. En cas de doute, mieux vaut interroger un CIRFA gendarmerie avant de s'engager dans la préparation.

L'aptitude médicale : comprendre le profil SIGYCOP

L'aptitude médicale des candidats à la gendarmerie est encadrée par l'arrêté du 8 juin 2021, qui fixe les conditions physiques et médicales exigées. L'outil central est le sigle SIGYCOP : un profil médical noté lettre par lettre par un médecin lors de la visite d'aptitude. Chacune des sept lettres correspond à une fonction de l'organisme et reçoit une cotation chiffrée, généralement de 1 (excellent) à 6 (inapte), plus la cote est basse meilleure étant l'aptitude.

Les sept composantes sont : S (ceinture scapulaire et membres supérieurs), I (ceinture pelvienne et membres inférieurs), G (état général), Y (yeux et vision, hors perception des couleurs), C (sens chromatique, c'est-à-dire la vision des couleurs), O (oreilles et audition) et P (psychisme). Pour le recrutement de sous-officier de gendarmerie, le profil minimal couramment exigé est de l'ordre de S2, I2, G2, Y4, C3, O2 et P0 ou P1. Concrètement, cela signifie une bonne condition générale et locomotrice, une audition correcte, et une tolérance plus large sur la vue (le Y4 autorise une vision corrigée, voir ci-dessous). Ces cotations sont des seuils de référence : la cotation réelle est posée par le médecin, et certaines unités ou spécialités (montagne, plongée, intervention) exigent des profils plus stricts.

Vue, audition, état physique : à quoi correspondent les seuils

La question la plus fréquente porte sur la vue. Le seuil Y4 retenu pour le SOG signifie qu'une vision imparfaite est admise dès lors qu'elle est suffisamment corrigée (lunettes ou lentilles) pour atteindre une acuité minimale fixée par l'arrêté. La chirurgie réfractive (type LASIK) est généralement acceptée sous réserve d'un délai de cicatrisation et d'un bilan ophtalmologique favorable : elle n'est pas un motif d'exclusion en soi. La cotation C, distincte, évalue la perception des couleurs ; un déficit marqué (daltonisme sévère) peut restreindre l'accès à certaines fonctions sans nécessairement interdire l'engagement général.

Pour le reste, l'état général (G) et l'appareil locomoteur (S et I) doivent permettre l'effort soutenu et le port de charge inhérents au métier ; certaines pathologies chroniques, antécédents orthopédiques lourds ou traitements au long cours peuvent poser problème et sont examinés au cas par cas. La composante P (psychisme) est appréciée à partir des antécédents et de l'évaluation médicale. Important : l'aptitude est prononcée lors d'une visite médicale d'aptitude réalisée par un médecin des forces ; un avis défavorable peut, selon les cas, faire l'objet d'un réexamen. Ne vous auto-éliminez pas sur la foi d'un forum : seul le médecin militaire statue sur votre profil réel.

Tatouages : interdits, tolérés, à dissimuler

La gendarmerie n'interdit pas les tatouages en bloc, mais encadre strictement leur visibilité et leur contenu. La règle, rappelée par l'instruction relative à l'apparence des militaires (actualisée fin 2023), tient en deux principes. Premier principe, la visibilité : tout tatouage situé sur une zone restant apparente en uniforme — le visage, le cou et les mains au premier chef — est prohibé. Un tatouage qui peut être entièrement dissimulé par la tenue (sur le torse, le dos, les jambes, ou les bras sous des manches longues ou des manchons) est en revanche toléré.

Second principe, le contenu : quel que soit son emplacement, un tatouage à connotation politique, religieuse, philosophique, discriminatoire, obscène ou contraire aux valeurs républicaines et à la déontologie est proscrit ; s'il ne peut être caché, il bloque le recrutement. L'objectif affiché par l'institution est la neutralité et l'exemplarité de l'uniforme. Conséquence pratique pour un candidat tatoué : faites le point sur l'emplacement et le motif avant de candidater. Un tatouage sur l'avant-bras n'est pas rédhibitoire s'il est couvrable ; un motif sur la main ou le cou, en revanche, devra être traité (détatouage) pour être éligible. En cas de doute, le CIRFA gendarmerie peut donner un avis sur pièce.

Ce qui a changé fin 2024 (et ce qui n'a pas changé)

L'arrêté du 8 juin 2021 a été modifié par l'arrêté du 31 décembre 2024. La principale évolution concerne la réserve opérationnelle : les candidats à un engagement (ou à son renouvellement) dans la réserve ne sont désormais plus évalués selon le profil SIGYCOP, mais par une appréciation individualisée de la compatibilité entre leur état de santé et les contraintes de l'emploi visé. Cette réforme vise à élargir le vivier de réservistes en simplifiant le filtre médical.

Point important à ne pas confondre : cette suppression du SIGYCOP ne s'applique pas aux candidats au recrutement d'active (concours SOG, officier, GAV), qui restent évalués selon le profil SIGYCOP décrit plus haut. Autrement dit, si vous visez le concours de sous-officier, la logique des sept cotations demeure la règle. Comme toujours, l'arrêté en vigueur peut être de nouveau modifié : avant de candidater, vérifiez la version consolidée sur Légifrance et les conditions publiées sur lagendarmerierecrute.fr pour la session qui vous concerne.

À retenir

Pour devenir gendarme, l'éligibilité se joue sur trois plans : conditions générales (nationalité française, âge ~18-35 ans, baccalauréat pour le SOG externe, casier B2 compatible), aptitude médicale via le profil SIGYCOP (repère SOG : S2 I2 G2 Y4 C3 O2 P0/P1, avec une vue corrigée admise et la chirurgie réfractive généralement acceptée), et aptitude physique aux épreuves sportives. Les tatouages sont autorisés s'ils sont dissimulables sous l'uniforme et exempts de tout contenu prohibé ; ceux du visage, du cou et des mains sont éliminatoires. La réforme de fin 2024 a retiré le SIGYCOP pour les seuls réservistes, pas pour les candidats d'active. En cas de doute médical ou judiciaire, c'est le médecin des forces et le CIRFA gendarmerie qui tranchent : ne vous auto-éliminez pas sans avis officiel.

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