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01ÉPREUVES

EPG concours SOG : le barème officiel et les trois ateliers

Le barème note par note de l'épreuve physique gendarmerie, ses trois ateliers et leurs charges réelles, d'après l'annexe IV de l'arrêté qui fixe l'épreuve.

ÉQUIPE TEST-CONCOURS-GENDARMERIE.FRLECTURE 14 MIN

Ce que le texte appelle l'EPG, et ce que la page candidat appelle autrement

L'épreuve sportive du concours de sous-officier de gendarmerie porte deux noms, et c'est la première source de confusion. Le texte réglementaire l'appelle épreuve physique gendarmerie, abrégée EPG dans le texte lui-même : le sigle est donc officiel, ce n'est pas un raccourci de préparateurs. Mais la page de candidature du site de recrutement, celle que vous trouverez en premier, l'intitule épreuve sportive de gendarmerie. Les deux désignent la même chose.

Elle se déroule en phase d'admission, après l'admissibilité, en tenue de sport et devant un examinateur spécialement formé. Elle est affectée du coefficient 3, et toute note inférieure à 6 sur 20 est éliminatoire.

Ce seuil de 6 mérite qu'on s'y arrête, parce que le web est plein de pages qui annoncent encore 3 sur 20. Elles ne sont pas approximatives, elles sont périmées de six ans : jusqu'au 22 mars 2020, l'EPG faisait effectivement exception à la règle commune avec un seuil à 3. L'arrêté du 25 février 2020 a supprimé cette exception. Aujourd'hui, la seule épreuve du concours qui ne soit pas éliminatoire est l'évaluation numérique.

Et contrairement à une idée tenace, ni le test de Cooper, ni le Luc Léger, ni une série de tractions ou d'abdominaux ne constituent l'épreuve. Ce sont des outils d'entraînement utiles, pas le format du concours.

Trois ateliers, mais le chronomètre n'en couvre que deux

C'est le point que presque toutes les pages de préparation présentent de travers, y compris les nôtres jusqu'à aujourd'hui. L'EPG se compose bien de trois ateliers, mais ils ne sont pas notés de la même façon.

Le chronomètre court en continu sur les ateliers 1 et 2 seulement. Le texte est explicite : la partie chronométrée prend fin au moment où le candidat termine le sixième arc de l'exercice de poussée, en déposant le poids au sol. C'est ce temps cumulé, et lui seul, qui est converti en note sur 20 par le barème.

L'atelier 3 est hors chronomètre. Le candidat dispose même d'une minute de repos réglementaire avant de l'entreprendre, et il n'est pas noté au temps : il est évalué en réussite ou en échec.

La conséquence pratique est importante pour votre préparation : votre note se joue sur l'enchaînement des deux premiers ateliers, pendant que le troisième joue le rôle d'un malus, dont nous précisons la valeur exacte plus bas.

  • Atelier 1, parcours d'obstacles, chronométré
  • Atelier 2, simulation d'un combat, chronométré, enchaîné au précédent
  • Une minute de repos, imposée par le texte
  • Atelier 3, transport de poids, hors chronomètre, évalué en réussite ou échec

Atelier 1 : six fois cinquante mètres, et un tapis qui élimine

Le candidat accomplit six fois un parcours de 50 mètres, soit 300 mètres au total, en franchissant à chaque tour la même série d'obstacles.

Le texte cote précisément ces obstacles. Le tapis de sol mesure 1,80 mètre de long pour les hommes et 1,60 mètre pour les femmes. L'escalier est monté et descendu deux fois par tour. Les deux haies font 45 centimètres de haut et sont distantes de 3 mètres. La poutre est placée à 90 centimètres du sol, et son franchissement est suivi d'une chute maîtrisée, sur le dos ou sur le ventre, en alternance.

Une faute oblige à retenter l'obstacle, et le temps perdu se paie directement sur le chronomètre. Le texte traite explicitement un cas, et il est lourd : le non-franchissement du tapis répété six fois entraîne l'échec de l'épreuve. Ce n'est alors pas une pénalité de temps, c'est un échec.

L'effort est court et intense, très éloigné de l'endurance longue. Ce qui décide, c'est l'explosivité, la qualité des appuis, la coordination, et la capacité à répéter des franchissements propres malgré l'essoufflement.

Atelier 2 : trois séquences, et 36 kg, pas 45

C'est ici que se concentrent les erreurs les plus coûteuses des pages de préparation, y compris les nôtres avant cette mise à jour. L'atelier 2 n'est pas un simple tirage de corde, et la charge n'est pas de 45 kg.

Il comporte trois séquences enchaînées, dans cet ordre.

La traction. Le candidat agrippe une corde et soulève un poids de 36 kg pour les hommes, 25 kg pour les femmes. En conservant le poids dans cette position, il se déplace en décrivant un arc de cercle de 180 degrés, et répète l'exercice six fois.

Les chutes maîtrisées. Quatre chutes, deux vers l'avant et deux vers l'arrière.

La poussée. Même charge, 36 kg pour les hommes et 25 kg pour les femmes, six arcs complets. C'est le dépôt du poids au sol à la fin du sixième arc qui arrête le chronomètre de toute la partie notée.

Dernier détail qui change la préparation : l'atelier 2 démarre à moins de dix mètres de la fin du parcours d'obstacles. Vous n'avez donc aucune récupération entre les deux, et c'est précisément cet enchaînement qu'il faut travailler.

Atelier 3 : 45 kg pour les hommes, 25 pour les femmes, sur 15 mètres

Le candidat doit soulever un sac de sable de 45 kg pour les hommes, 25 kg pour les femmes, le transporter en se servant uniquement de ses bras sur une distance de 15 mètres, puis le reposer au sol en douceur.

Trois précisions du texte, souvent absentes ailleurs.

La distance est de 15 mètres. Vous lirez parfois 18 mètres, valeur qui figure sur une infographie officielle de 2020 sans être rattachée explicitement à cet atelier, et parfois 25 mètres, qui ne repose sur aucune source de premier rang. Le texte qui fixe l'épreuve dit 15.

Vous avez trois essais. Trois essais infructueux signifient l'échec de l'atelier.

L'échec coûte exactement un point. Le texte prévoit que l'échec au troisième atelier entraîne le retrait d'un point sur la note obtenue aux deux premiers ateliers chronométrés. Ce n'est donc ni anecdotique, ni éliminatoire en soi.

Le retrait d'un point est écrit noir sur blanc dans le texte. Ce qui suit, en revanche, en est une déduction de notre part et non une citation : si votre temps vous place tout juste à 6 sur 20, la dernière note non éliminatoire, un échec au transport vous ferait tomber à 5, donc sous le seuil. Aucun texte ne l'énonce ainsi, mais les deux règles se combinent. Autrement dit, plus votre chrono est juste, plus le sac de sable devient décisif.

Le barème officiel, note par note

Le barème ne figure pas seulement dans un document de communication : il est inscrit dans le texte réglementaire lui-même, et repris à l'identique dans le PDF officiel diffusé par la gendarmerie. Il croise le temps cumulé des ateliers 1 et 2 avec le sexe du candidat.

Deux points souvent mal rapportés. D'abord, il n'y a aucune différenciation par tranche d'âge, contrairement à d'autres épreuves militaires : seul le sexe entre en compte. Ensuite, il n'existe pas de barème millésimé. Celui qui s'applique en 2026 est celui fixé en février 2020, en vigueur depuis le 23 mars 2020, repris tel quel dans la version consolidée de 2025. Une page qui vous vend un « barème 2026 » laisse croire à une refonte annuelle qui n'existe pas.

L'écart entre hommes et femmes est de 10 secondes sur chacun des paliers, sans exception.

Note sur 20HommesFemmes
203'103'20
193'153'25
183'203'30
173'253'35
163'303'40
153'353'45
143'403'50
133'453'55
123'504'00
113'554'05
104'004'10
94'104'20
84'204'30
74'254'35
64'314'41
54'354'45
44'404'50
34'454'55
24'505'00
14'555'05
0au-delà de 4'55, abandon ou échecau-delà de 5'05, abandon ou échec
Barème de l'épreuve physique gendarmerie, temps cumulé des ateliers 1 et 2. Annexe IV de l'arrêté du 27 avril 2011 modifié, en vigueur depuis le 23 mars 2020. La note 6 est la dernière qui ne soit pas éliminatoire.

Quand l'épreuve a lieu, et de combien de temps vous disposez

L'EPG se passe en phase d'admission, donc après les résultats d'admissibilité. Cela change la façon de placer la préparation physique dans un calendrier de révisions.

Le site officiel indique que, sous réserve des impératifs de gestion, jusqu'à deux concours peuvent être programmés chaque année, en mars et en septembre. La formulation est prudente et nous la reprenons telle quelle : il n'est pas garanti que deux sessions soient ouvertes tous les ans.

Les épreuves sportives se tiennent ensuite entre avril et juillet pour la session de mars, et entre décembre et février pour celle de septembre.

Cela vous laisse donc plusieurs semaines entre l'écrit et l'épreuve physique, et c'est précisément ce qui piège beaucoup de candidats. Ils suspendent tout entraînement pour se consacrer à l'admissibilité, puis découvrent qu'il leur reste peu de temps pour construire un geste de soulevé et une tolérance à l'enchaînement, deux choses qui ne se rattrapent pas en trois semaines. Deux à trois séances hebdomadaires d'entretien pendant la période des écrits coûtent peu et évitent de repartir de zéro.

Ce que le texte impose en dehors de la performance

Quatre règles administratives décident du sort de candidats parfaitement préparés physiquement.

Le certificat médical. Vous devez présenter, le jour de l'épreuve, un certificat médical attestant votre aptitude à la subir. Il doit dater de moins d'un an, ou être en cours de validité pour les visites périodiques des militaires. C'est une exigence renforcée par un arrêté du 25 septembre 2025.

L'échauffement. Le texte garantit aux candidats au moins 15 minutes pour s'échauffer individuellement avant le passage. C'est un droit, pas une faveur : utilisez-le en entier.

L'abandon. La note zéro est attribuée au candidat qui a débuté l'épreuve sans pouvoir la terminer, y compris pour cause de blessure. Se présenter diminué est donc un pari à peser sérieusement.

La dispense. La candidate enceinte, ou venant d'accoucher et bénéficiant du délai légal postnatal, est dispensée de l'épreuve sportive.

Pourquoi des candidats sportifs se font surprendre

L'EPG a une réputation d'épreuve accessible, et les chiffres du barème la confortent : 4 minutes pour avoir 10, cela paraît large quand on court régulièrement. Pourtant les notes déçoivent souvent. Trois mécanismes l'expliquent, et aucun ne relève de la condition physique générale.

L'enchaînement coûte plus que la somme des efforts. Le parcours et la simulation de combat sont séparés par moins de dix mètres, et le chronomètre ne s'arrête pas entre les deux. Un candidat qui travaille chaque atelier isolément, et bien, découvre le jour J que la fatigue du premier dégrade son tirage sur le second. Ce n'est pas une question de volonté : les bras saturés ne tirent plus au même rythme, et les secondes perdues sur les six arcs de traction pèsent directement sur la note.

Le geste de soulevé ne s'improvise pas. Le transport de poids n'évalue pas la force maximale, il évalue un schéma moteur. Un candidat de 65 kg qui n'a jamais soulevé de charge libre peut échouer trois fois de suite sur un sac qu'un pratiquant de musculation lève sans y penser, non par manque de force, mais parce qu'il ne sait pas où placer ses pieds, comment verrouiller son dos et comment garder la charge près du corps. C'est l'atelier qui surprend le plus, et le seul dont l'échec se joue en trois tentatives.

Le chronomètre dégrade la coordination. Sur un parcours d'obstacles, la précipitation coûte plus qu'elle ne rapporte : un appui manqué sur le tapis ou la poutre oblige à retenter l'obstacle, et le temps perdu dépasse largement celui qu'on espérait gagner en accélérant. La règle du non-franchissement du tapis répété six fois transforme même cette précipitation en risque d'échec pur et simple.

Ces trois mécanismes ont un point commun : ils se corrigent par la répétition du format réel, pas par plus de sport.

Le jour de l'épreuve : ce qui se décide avant le départ

La tenue. Short ou jogging léger, tee-shirt près du corps plutôt qu'ample, qui s'accroche moins aux obstacles, et chaussures polyvalentes légères. Une chaussure lourde et amortie pénalise sur un parcours fait de franchissements et de changements d'appui.

L'échauffement. Le texte vous garantit au moins quinze minutes pour vous échauffer individuellement. Prenez-les en entier : footing léger, mobilité des épaules, des hanches et des chevilles, puis quelques accélérations courtes. Évitez les étirements passifs prolongés juste avant, qui diminuent la puissance explosive.

Le parcours d'obstacles. Partez légèrement en dessous de votre allure maximale. Vous devez encore tirer et pousser 36 kg juste après, sans récupération. L'erreur classique consiste à faire un excellent premier atelier puis à s'effondrer sur le second, alors que c'est le cumul qui est noté.

La simulation de combat. Le rythme régulier prime sur la vitesse instantanée. Soufflez à chaque effort, et gardez la charge sous tension entre les arcs plutôt que de la relâcher complètement : reprendre une charge posée coûte du temps à chaque répétition, et il y a six arcs en traction puis six en poussée.

Le transport de poids. Vous avez une minute de repos réglementaire avant, et trois essais. N'en gâchez pas un par précipitation : premier essai en technique propre, pieds sous la charge, dos plat, poussée des jambes. Si le sac vous échappe, respirez, ajustez la prise, repartez. Un point est en jeu, pas l'épreuve entière.

Les jours précédents. Réduisez le volume la dernière semaine, hydratez-vous normalement sans excès le matin même, et vérifiez la date de votre certificat médical avant de partir. C'est la seule cause d'échec de cette journée qui ne dépend d'aucune qualité physique.

Préparer l'EPG : ce que les chiffres imposent

Le format commande la préparation, et il récompense un profil explosif et fonctionnellement fort, pas un coureur de fond. Trois qualités à travailler, dans l'ordre de leur poids sur la note.

L'enchaînement, avant tout le reste. Votre note vient du temps cumulé des ateliers 1 et 2, séparés par moins de dix mètres. Or la fatigue du parcours dégrade nettement la performance de tirage chez qui ne s'y est jamais exposé. Travailler les deux ateliers séparément et bien ne prépare pas au chrono réel : programmez des simulations complètes de l'enchaînement, au moins deux fois dans votre cycle.

La vitesse et les appuis, pour le parcours : sprints courts, montées d'escalier, franchissements, changements d'appui, pliométrie légère. L'effort noté dure entre trois et cinq minutes selon votre niveau, pas trente.

La force fonctionnelle de tirage et de port, pour l'atelier 2 et le sac de sable : tractions, tirages à la corde si vous y avez accès, soulevé de terre, portés à bout de bras, gainage.

Sur douze semaines, comptez quatre à cinq séances hebdomadaires : deux de vitesse et de pliométrie, deux de renforcement fonctionnel, une de fractionné court. Sur six semaines, pour un profil déjà sportif, combinez vitesse et renforcement en circuits et investissez l'essentiel sur votre point faible. Dans les deux cas, réduisez le volume la dernière semaine et soignez la récupération.

Une stratégie simple, tirée du barème : visez toujours le palier immédiatement au-dessus de votre objectif. Les paliers sont espacés de cinq secondes dans le haut de la table, mais de dix secondes entre les notes 8, 9 et 10, c'est-à-dire précisément dans la zone du seuil éliminatoire. Une marge de dix secondes est donc le minimum raisonnable si vous jouez votre admissibilité.

Le test de Cooper ou le Luc Léger comptent-ils au concours SOG ?
Non. L'épreuve du concours est l'EPG, et elle seule. Ces tests d'endurance restent des outils d'entraînement utiles pour le fond, mais ils ne figurent dans aucune épreuve du concours et ne donnent aucune note.
Le barème tient-il compte de mon âge ?
Non. Le barème de l'EPG est différencié par sexe uniquement. C'est une différence notable avec d'autres épreuves militaires, qui appliquent des tranches d'âge.
Que se passe-t-il si j'échoue au transport de poids ?
Vous perdez un point sur la note obtenue aux deux premiers ateliers : cette règle est écrite dans le texte. Ce n'est pas éliminatoire en soi. En revanche, si votre chrono vous plaçait à 6 sur 20, la déduction logique est que ce point vous ferait passer sous le seuil ; aucun texte ne le dit explicitement, c'est la combinaison des deux règles.
Quel temps faut-il tenir pour ne pas être éliminé ?
La dernière note non éliminatoire est 6 sur 20, atteinte à 4'31 pour les hommes et 4'41 pour les femmes sur le cumul des deux ateliers chronométrés. Au-delà, la note passe sous 6 et le candidat est éliminé.
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