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03MÉTIERS

Gendarme motard : missions, sélection et formation

Gendarme motard : missions de l'EDSR (devenu EDCF en 2025), conditions et sélection, pré-stage et formation de 11 semaines au CNFCF de Fontainebleau.

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Le gendarme motard, un gendarme spécialiste de la route

Le gendarme motard est avant tout un gendarme à part entière : il dispose de toutes les prérogatives d'un sous-officier de gendarmerie (police judiciaire, intervention, protection des personnes et des biens), auxquelles s'ajoute une spécialité — la conduite moto en unité motorisée. « Motard » n'est donc pas un métier distinct que l'on rejoint directement, mais une spécialité que l'on acquiert après être devenu gendarme.

Les motocyclistes servent au sein d'unités motorisées — brigade motorisée (BMO) ou peloton motorisé — regroupées, à l'échelle du département, au sein d'un escadron dédié. Leur présence constante sur les routes contribue à réguler la circulation, à dissuader les comportements dangereux et à lutter contre la délinquance qui se déplace par la route. C'est un poste exigeant, qui combine pilotage de haut niveau, sens du contact et rigueur juridique, et qui attire de nombreux candidats pour sa dimension à la fois technique et opérationnelle.

EDSR devenu EDCF : ce qui a changé en 2025

Jusqu'en 2025, les unités motorisées d'un département étaient rassemblées au sein de l'EDSR — l'escadron départemental de sécurité routière. En septembre 2025, le ministère de l'Intérieur a fait évoluer ces escadrons en élargissant leur périmètre : l'EDSR est devenu l'EDCF, escadron départemental de contrôle des flux. Le changement de nom traduit un élargissement des missions, au-delà de la seule sécurité routière, vers le contrôle des flux (personnes, marchandises, véhicules), la lutte contre la délinquance itinérante et la protection des personnes et des biens.

Dans le même mouvement, le centre national de formation de Fontainebleau, historiquement appelé CNFSR (centre national de formation à la sécurité routière), est devenu le CNFCF (centre national de formation au contrôle des flux). Si vous lisez des ressources antérieures à septembre 2025, vous rencontrerez encore les anciennes appellations EDSR et CNFSR : elles désignent les mêmes unités et le même centre, avec un périmètre de missions désormais élargi. Les intitulés officiels à jour figurent sur gendarmerie.interieur.gouv.fr.

Les missions au quotidien

Le cœur de métier reste la sécurité routière : contrôles de vitesse, de l'alcoolémie et des stupéfiants, verbalisation des infractions, surveillance des axes accidentogènes, gestion des accidents et des constatations qui en découlent. Sur ce volet, le motard est un acteur de prévention autant que de répression, présent lors des grands départs, des opérations de sensibilisation et des escortes.

Avec l'évolution vers le contrôle des flux, les missions s'étendent au contrôle des mouvements de personnes et de marchandises sur les grands axes, à la lutte contre les trafics et la délinquance itinérante (vols en réunion, go-fast, véhicules signalés), et à l'appui des unités territoriales. Le motard réalise aussi des missions de police judiciaire liées à la route (délits routiers, homicides et blessures involontaires) et participe à des dispositifs de protection et d'escorte. La mobilité et la réactivité de la moto en font un outil privilégié pour intervenir vite sur un réseau routier étendu.

Devenir gendarme motard : d'abord devenir gendarme

Il n'existe pas de « concours de gendarme motard » : la voie d'accès passe d'abord par le fait de devenir gendarme. Concrètement, il faut réussir le concours de sous-officier de gendarmerie (SOG) — voie principale — ou, plus rarement, une voie officier, puis suivre la formation initiale en école de gendarmerie.

C'est en tant que sous-officier, une fois en unité ou en fin de scolarité, que l'on peut se porter volontaire pour la spécialité moto. La sélection se fait ensuite sur les aptitudes, les résultats et les places disponibles dans les unités motorisées — la spécialité est prisée et le nombre de postes limité. Autrement dit, viser le métier de motard, c'est d'abord réussir son concours SOG et faire ses preuves comme gendarme ; la moto vient dans un second temps, comme spécialisation.

Conditions et pré-stage au CNFCF de Fontainebleau

Pour se porter candidat à la spécialité, plusieurs conditions sont généralement requises : être âgé de moins de 40 ans, être déclaré apte médicalement à la spécialité moto, et avoir validé ses aptitudes sportives annuelles de la gendarmerie. Bonne nouvelle pour beaucoup : il n'est pas nécessaire d'être déjà titulaire du permis moto (A) au moment de candidater — c'est la condition physique et l'aptitude qui priment, la conduite étant enseignée pendant la formation. Une condition de taille minimale (de l'ordre de 1,70 m) est souvent évoquée pour la tenue de la machine ; référez-vous aux critères officiels en vigueur pour votre candidature.

Avant d'intégrer la formation complète, le candidat passe un pré-stage d'environ une semaine au centre de Fontainebleau. Ce pré-stage vérifie la capacité réelle du candidat à suivre le cursus de motocycliste : équilibre, maniabilité à basse vitesse, gestion du stress et de la fatigue. Tous les candidats ne franchissent pas cette étape — c'est un filtre volontairement exigeant, destiné à ne lancer dans les 11 semaines de formation que les profils capables de la mener à bien.

La formation de motocycliste : 11 semaines

Les candidats retenus au pré-stage intègrent la formation de motocycliste de la gendarmerie, d'une durée d'environ onze semaines. L'apprentissage est complet et progressif : maniabilité et plateau, conduite sur route, pilotage sur piste et sur circuit, tout-terrain et enduro. L'objectif est de rendre le gendarme capable de conduire en sécurité dans tous les environnements et toutes les conditions, avec la maîtrise attendue d'un professionnel de la route.

La formation est dispensée à Fontainebleau, berceau des motocyclistes de la gendarmerie : le centre y est installé depuis la fin des années 1960 et accueille chaque année de l'ordre de 1 700 stagiaires, sur des stages allant de quelques jours à une douzaine de semaines. La spécialité n'est pas acquise définitivement : le motard doit périodiquement suivre un stage de recyclage (de l'ordre d'un contrôle tous les six ans) pour revalider ses compétences et son aptitude à exercer. Cette exigence de maintien du niveau explique en partie la réputation de sérieux des motards de la gendarmerie.

À retenir

Le gendarme motard est un sous-officier de gendarmerie spécialisé dans la conduite moto, affecté à une unité motorisée. La voie d'accès n'est pas directe : on devient d'abord gendarme via le concours SOG, puis on se porte volontaire pour la spécialité. La sélection passe par un pré-stage d'une semaine au centre de Fontainebleau (CNFCF, ex-CNFSR), suivi, en cas de réussite, d'une formation d'environ onze semaines.

À retenir aussi : depuis septembre 2025, l'EDSR (sécurité routière) est devenu l'EDCF (contrôle des flux), avec des missions élargies au-delà de la seule route. Conditions clés : moins de 40 ans, aptitude médicale à la spécialité, aptitudes sportives validées ; le permis moto n'est pas exigé au départ. Pour les critères exacts et à jour, le portail officiel de la Gendarmerie reste la référence.

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